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Stop : le renouveau syndical à l’ordre du jour
mercredi 2 mai 2007, par
Le Premier Mai de cette année doit constituer une véritable occasion pour repenser le mode de gestion de nos espaces d’encadrement social, dont en premier lieu, le cadre syndica
Le syndicalisme est en mutation. Les convulsions que connaît la société influent logiquement sur les espaces d’encadrement.
A l’image du pays, les syndicats sont appelés à s’ouvrir davantage sur leur environnement global et à adapter leurs instruments et outils d’actions aux exigences de la conjoncture. Le militantisme paye toujours, mais il est somme toute insuffisant et constamment tributaire d’un travail d’entretien et de rénovation. Le premier mai de cette année intervient dans une phase particulière et complexe. Les chantiers amorcés, en cours de réalisation ou totalement réalisés, interpellent les acteurs sociaux. Le temps de la mobilisation typiquement contestataire ou exclusivement par slogans est révolu. L’Etat Léviathan est en passe de céder la place à de nouvelles matrices d’encadrement et de contrôle. Face à l’émiettement des forces productives et à la fragmentation cellulaire du tissu social, la conjugaison des efforts de coordination devient de plus en plus une nécessité impérative. La globalisation grimpante impose un nouveau type d’organisation.
Depuis sa genèse, le mouvement syndical au Maroc n’a cessé de subir les effets de la parcellisation de son champ d’action et d’une division qui frise la déchirure. En revanche, de l’autre côté de la barrière le grand capital ne cesse de raffermir ses positions et de se consolider. Fragmentation en querelles en bas, concentration en haut. Le processus n’a que trop duré et la maturité syndicale est devenue une urgence de premier ordre. L’unité des rangs, la polarisation des syndicats sont les mots d’ordre d’aujourd’hui. L’appel de la FDT, lors du dernier Premier mai constitue encore et toujours le leitmotiv devant revenir sur tous les programmes syndicaux. L’éparpillement de la lutte, la mobilisation stérile aux côtés de certains groupuscules sans toit ni feu dans le terrain et sans effets ni sur le terrain ni sur l’avenir ne font que retarder, ou au mieux freiner le cours des événements. Les travailleurs ont besoin de toutes les énergies pour faire valoir leurs doléances et faire aboutir leurs suggestions. Le pragmatisme est aussi une capacité d’adaptation. Nous ne demandons nullement à ce que les syndicats se métamorphosent ou changent d’identité, mais tout simplement à nous aider à avoir une visibilité meilleure quant au devenir de notre pays. C’est fini le temps de l’Etat providence. Généreux, clément ou despotique.
De nos jours, tout se négocie. Un mauvais avocat peut faire échouer la cause la plus juste au monde. D’où la nécessité d’avoir le sens de la mesure et de comprendre, à sa juste valeur, le cheminement réel de l’histoire. Les petites batailles, marginales et sans effets, doivent rester telles quelles sont : petites, marginales et sans effets. L’inflation des syndicats et des escarmouches sociales n’est pas un signe de bonne santé. Encore moins un facteur de changement. Et ce n’est nullement en éjectant leurs problèmes à l’extérieur de leurs entreprises et en descendant dans la rue, chaque fois qu’un brin de nuage s’annonce à l’horizon, que les syndicats aiguisent leurs instruments de lutte et rayonnent.
Autre condition du renouveau. La saisie des contours de l’état des lieux. Mais, faut-il continuer de défendre les mythes ?
L’Etat n’est plus seul sur le terrain social et doit se contenter de son rôle régulateur et d’orientation. Il n’est ni un ennemi à abattre, ni un distributeur de rentes. Le secteur privé est non seulement en constante évolution, mais à plus d’un égard, il est appelé à accomplir son rôle révolutionnaire de locomotive de changement. Et une fois de plus, la Fédération démocratique du travail est appelée à jouer son rôle à ce niveau, en tant que fédératrice et catalyseur des énergies. Elle est à notre avis la seule à être à même de remplir cette mission. Ses dirigeants ont pratiqué l’action syndicale depuis longtemps. Ils connaissent le poids de la bureaucratie, ses limites et ses risques, comme ils connaissent les vertus de l’action collégiale et de la démocratie interne. Inutile de revenir sur le passé, mais toujours est-il que les séquelles de certains dérapages survivent encore dans certains milieux.
Le Premier Mai de cette année doit constituer une véritable occasion pour repenser le mode de gestion de nos espaces d’encadrement social, dont en premier lieu, le cadre syndical. En se développant en dehors des circuits organisationnels, des franges sociales et des pans entiers de la société risquent de se trouver seuls et désarmés face aux défis de la globalisation galopante, sur le plan économique, à la marginalisation sociale et à la perte d’identité. Un effort colossal est attendu à ce niveau. Comme il est attendu de la part des pouvoirs publics de veiller à ce que le dialogue social s’inscrive à l’ordre du jour des entreprises privées. Il y va de l’avenir de notre pays. De la modernisation et de démocratisation de ses institutions.
Au charbon et bonne fête du travail.
Aziz Khamliche
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