Accueil du site > 106. 1er Mai 2007 > Vers un syndicalisme crédible et responsable
mercredi 2 mai 2007, par
L’histoire contemporaine du Maroc nous apprend que l’action syndicale est née dans la foulée de la lutte contre la colonisation. Un syndicalisme qui s’est imprégné de son contexte.
Après l’indépendance, les enjeux de l’action syndicale n’étaient pas très différents de ceux de l’action politique. La phase de la construction et de la libération nécessitait cette convergence d’objectifs et parfois de mécanismes de travail. Les interférences politiques et organisationnelles ont fait que tous ceux qui exerçaient de la politique s’immisçaient d’une manière ou d’une autre dans l’action syndicale. L’assurance de la ligne combative de l’organe syndical, disait-on à l’époque.
Les fractures politiques au sein du mouvement national se sont reflétées sur le secteur syndical. Naquit ainsi le pluralisme syndical. Plusieurs dates sont restées gravées dans la mémoire des syndicalistes marocains, telles les 10 et 11 avril 1979 et le 20 juin 1981, le 14 décembre 1990 et le 5 juin 1996. A un certain moment, l’on commença à parler sincèrement de la question de la légitimité syndicale. Cette dernière n’étant plus basée uniquement sur l’histoire et l’appartenance aux origines du nationalisme, mais aussi sur le présent, plus précisément sur le degré d’adaptation dans le nouveau système économique et social. Bref, l’on évoquait désormais le syndicalisme crédible et responsable.
Il faut souligner qu’à chaque étape correspondaient un agenda particulier, des moyens de luttes spéciales et des stratégies qui lui sont propres. Mais, jusqu’au milieu des années 90, il était clair que le genre de syndicalisme qui prévalait était celui qui avait une certaine légitimité. Tous les acteurs syndicaux, ou presque, puisaient dans l’histoire du nationalisme, dans les tâches de libération de lutte pour l’émancipation des masses laborieuses. A un certain moment, il fallait mettre fin à cette conception du syndicalisme devenue quelque peu obsolète avec les nouveaux enjeux de l’économie nationale et les nouvelles missions du syndicalisme marocain à l’ère de la globalisation.
L’un des facteurs essentiels dans la violation des droits des travailleurs est cette globalisation libérale qui fait fi des acquis de la classe ouvrière accumulés à travers l’histoire, à travers la réglementation de la flexibilité du travail.
Nouri Zyad
Libération